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Europe sociale et éducation, les absences de la Convention européenne

Grandes absentes de la Convention Européenne, les questions relatives à l’Education et à l’Europe sociale ont été abordées lors du colloque du samedi 5 juillet à l’université de Tor Vergata. « Nous regrettons que ces questions ne soient pas assez prise en compte par l’Union Européenne ». Le ton est donné dès l’introduction par les étudiants. Ton repris par les intervenants au colloque en réaction aux propositions des groupes de travail étudiants. Parmi eux, Alessandro Finazzi Agrò, Recteur de l’université de Tor Vergata, a déploré la « situation dramatique » dans laquelle se trouve la recherche européenne, en retard par rapport à des pays comme le Japon. La principale raison de cette « crise » : le faible niveau d’investissement accordé aux secteurs de la recherche et de l’enseignement. Dans cet ordre d’idée, M. Finazzi a également reconnu la nécessité d’augmenter les moyens des programmes d’échanges Socrates-Erasmus afin d’éviter que seuls les plus riches puissent profiter de la mobilité. Question d’autant plus importante à la veille du processus d’élargissement qui posera le problème de la mobilité des étudiants des pays les plus pauvres vers les pays les plus riches.

Il semble donc que la création d’une agence européenne et d’un fond de cohésion pour l’éducation, visant à assurer le respect de «minimum standarts » en matière d’éducation, ait trouvé un certain écho chez les personnalités invitées au colloque. Un autre point mis en exergue lors de cette conférence : le problème de la compétitivité de l’enseignement supérieur en Europe. Cette question semble avoir fait l’unanimité et l’on retient plus particulièrement l’intervention de M. Savino Pezzotta, Secrétaire général du syndicat CISL, qui a souligné que l’Université devait « participer à la compétitivité des entreprises » dans le but de favoriser la relation entre le travail et les études universitaires. M. Vincenzo Ilotte, directeur de l’entreprise 2A et M. Sylvain Kahn, directeur des affaires européennes de Sciences Po ont d’ailleurs salué la proposition des étudiants, relative à la constitution d’un réseau d’excellence entre les meilleures universités européenne. Marco Baccanti, President de l’International Association of Science Parks, a toutefois fait remarquer qu’il aurait aimé trouver dans les propositions des étudiants une référence à la notion de « compétences horizontales ». En effet, selon lui le contexte actuel exige qu’on mette désormais l’accent sur un type de formation qui favorise : « l’empathie, la multi-disciplinarité et la flexibilité ».

Très marqués par la professionnalisation du savoir – M. Ilotte a également insisté sur la nécessité de diffuser « la culture de l’entreprise » au sein de l’université – ces discours ont suscité un certain nombre d’interrogation de la part des étudiants. Deux d’entres-elles ont en effet porté sur la question plus spécifique de la culture, en particulier, la situation des universités dont la relation avec le monde du travail est moins évidente, telles les facultés de lettre ou de philosophie, par exemple. Faute de temps cependant, la partie réservée aux questions semble avoir été un peu tronquée. On se console en écoutant le discours dynamique de Pervenche Beres, membre de la Convention Européenne, pour qui les investissements dans l’Europe de l’Education ont pris plus de dix ans de retard. Elle conclut d’ailleurs en interpellant les étudiants européens : « vous êtes ceux qui peuvent faire bouger les choses ».

L’immobilisme européen est également critiqué en ce qui concerne l’Europe sociale. Là encore, le temps presse et le débat, suite aux propositions du groupe de travail, est limité. Cependant, la franchise avec laquelle Mme Beres et M. Pezzotta répondent aux questions des étudiants est appréciée. Sur la question du refus du præsidium d’accorder la majorité qualifiée à un certain nombre de questions sociales, M. Beres ne pratique pas la langue de bois. Elle indique sans ambages sa déception et reconnaît que l’Espagne et la Grande Bretagne ont particulièrement fait blocage. M. Pezzota quant à lui n’a pas hésité à se prononcer sur la polémique question du droit de grève. Selon lui, le fait que ce droit ne soit pas reconnu par l’actuel projet de constitution représente un problème et la référence à la cohésion sociale de l’Union doit être renforcée. De même il indique que l’on ne doit pas avoir une vision trop rigide du Pacte de Croissance et de Stabilité, « ce qui compte, c’est plus la croissance que la stabilité et nous ne devons pas oublier l’importance des investissements pour le futur ».

 

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